Clichés, références, originalité…

Ah, le cliché. La hantise de l’auteur. Qui n’a en effet jamais redouté d’avoir un avis du genre « T’égrènes les clichés, c’est naze ! ». Oui, d’accord, j’en rajoute un peu, mais ça résume bien, non ? Il n’y a en effet rien de plus rébarbatif que le cliché ; du moins, c’est ce qu’on dit, mais si tout cela n’était qu’une histoire de dosages et d’utilisation ?

D’abord, sachez-le : vous ne serez pas original ! Nous sommes en effet précédés par des millénaires de civilisations, légendes, cultures et créations, et cela se ressent sur la façon dont nous créons nous-mêmes. Aucune création ne naît plus ex nihilo, elle est forcément influencée par tous ces précédents et par nos propres expériences de vie. Forcément, après autant de temps, difficile voire impossible de faire quelque chose qui sorte vraiment du lot, il y aura des échos avec quelque chose (et parfois sans même qu’on connaisse le quelque chose en question).
Si on garde ce fait en tête, difficile de ne pas tomber dans les références et les archétypes, n’est-ce pas ? Dans ce cas, quel est le problème avec le cliché ? Simple : si on se contente de les accumuler sans se poser de questions, l’ensemble deviendra vite prévisible, mou, et indigeste. Se baser sur un cliché, une intrigue classique, n’est pas un problème en soi ; ne même pas essayer de lui donner une identité propre et une efficacité certaine en est un.

Prenons un exemple simple d’utilisation régulière de classique/cliché qui change pourtant à chaque fois : les séries The Legend of Zelda et Super Mario Bros. Ces deux sagas de jeux vidéo s’appuient en effet (du moins pour une bonne partie de leurs épisodes, ce n’est pas nécessairement toujours le cas) sur une base simple : la princesse a été enlevée par le gros méchant, au héros d’aller la sauver. On a là le cliché ultime de la quête héroïque, et pourtant, chaque épisode parvient à surprendre en développant, à partir de ça, une histoire unique, différente, et plus surprenante qu’elle en a l’air au premier abord. Et je pense que c’est la clé pour se sortir de cette histoire.
Un petit cliché de temps en temps ne fera pas de mal, une référence bien placée fera sourire, et l’originalité viendra avec ce que vous amènerez : votre style, vos idées, vos personnages, votre efficacité. Si vous n’amenez rien et que vous vous contentez de copier les recettes qui ont marché ailleurs, vous n’arriverez qu’à vous planter. Dans le même ordre idée, n’essayez pas de prendre l’absolu contrepied de tout le monde à chaque occasion. D’abord, vous n’y arriverez jamais vraiment (voir plus haut), et ensuite, c’est le meilleur moyen pour que votre histoire n’ait ni queue ni tête tant vous aurez été occupé à aller contourner les classiques et clichés.

Pour résumer, référez-vous donc aux huit règles de l’écriture selon Neil Gaiman, et plus particulièrement à la dernière.

The main rule of writing is that if you do it with enough assurance and confidence, you’re allowed to do whatever you like. (That may be a rule for life as well as for writing. But it’s definitely true for writing.) So write your story as it needs to be written. Write it ­honestly, and tell it as best you can. I’m not sure that there are any other rules. Not ones that matter.

Pour les anglophobes…
La règle principale de l’écriture est que, si vous le faites avec assez d’assurance et de confiance, vous êtes autorisé à faire tout ce que aimez (ça pourrait être une règle de vie autant que d’écriture, mais c’est définitivement vrai pour l’écriture). Alors, écrivez votre histoire comme elle doit être écrite. Écrivez-la honnêtement, et racontez-la du mieux que vous pouvez. Je ne suis pas sûr qu’il y ait vraiment d’autres règles. Ou aucune qui importe.

Je crois que ça résume tout. Contentez-vous d’écrire, ne vous prenez pas la tête avec les clichés et l’originalité, ce sera résolu en temps et en heure à chaque fois que vous avancerez d’une situation à une autre. Et si vous voulez vraiment vous triturer le cerveau avec ça, gardez-le pour la relecture et les corrections 😉

Et surtout, n’oubliez pas qu’il vaut mieux une histoire bien classique mais bien écrite et entraînante qu’une histoire qui cherche absolument l’originalité et devient un joyeux bordel inconsistant et impossible à suive.

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