Je suis un auteur jardinier

Tout est dans le titre. Cela dit, un minimum d’explications ne peut pas faire de mal. L’auteur jardinier et l’auteur architecte sont des concepts expliqués par George RR Martin, et ils me semblent parfaits pour désigner les divers types d’auteurs. On va donc commencer par vous mettre la citation, puis la traduire, ce qui devrait suffire à l’expliquer.

I’ve always said there are – to oversimplify it – two kinds of writers. There are architects and gardeners. The architects do blueprints before they drive the first nail, they design the entire house, where the pipes are running, and how many rooms there are going to be, how high the roof will be. But the gardeners just dig a hole and plant the seed and see what comes up. I think all writers are partly architects and partly gardeners, but they tend to one side or another, and I am definitely more of a gardener. In my Hollywood years when everything does work on outlines, I had to put on my architect’s clothes and pretend to be an architect. But my natural inclinations, the way I work, is to give my characters the head and to follow them.

George RR Martin [Né en 1948]

J’ai toujours dit qu’il y avait – en très gros – deux types d’écrivains. Il y a les architectes et les jardiniers. Les architectes font des plans détaillés avant de poser le premier clou, ils dessinent la maison entière, où les tuyaux sont posés, combien de salles il va y avoir, à quelle hauteur sera le toit. Mais les jardiniers creusent seulement un trou, plantent la graine, et voient ce qui arrive. Je pense que tous les écrivains sont en partie architectes et en partie jardiniers, mais ils tendent plus d’un côté ou de l’autre, et je suis définitivement plus un jardinier. Dans mes années Hollywood, quand tout fonctionnait avec des délais, je devais mettre mes vêtements d’architecte et prétendre en être un. Mais mes inclinations naturelles, la façon dont je travaille, consistent à donner le commandement à mes personnages et les suivre.

Dans une interview que vous pouvez voir ici en gifs, il reprécise également certains points de l’auteur jardinier, disant qu’il n’est tout de même pas tout à fait ignorant. Il sait ce qu’il veut, à peu près comment il est censé l’avoir, mais il laisse la plante faire son chemin, dans l’ensemble.

Et c’est tout à fait ma méthode, que je comparerais aussi volontiers à un voyage à peine préparé : vous savez d’où vous partez, où vous allez, ce que vous voulez voir, mais vous laissez les circonstances vous dicter les détails de la route. Certains diront que c’est casse-gueule et qu’un plan aide, mais j’ai trop tendance à improviser pour être capable de suivre (voire même seulement écrire) un plan. Et pourtant, j’ai essayé.
J’avoue volontiers que ce n’est pas toujours simple de tout lier et qu’il faut constamment faire attention à rester cohérent, bien plus qu’avec un plan, quitte à remonter dans le texte, mais c’est là que je me sens le mieux.

Si cette méthode vous plaît, testez-la. Si vous préférez l’architecture, allez-y. C’est à vous de choisir de quel côté vous penchez le plus, et quelle part vous laissez à l’improvisation (ou à la planification) dans votre histoire. Sachez simplement que la seule méthode valable à exploiter est tout simplement celle qui vous convient, celle avec laquelle vous arriverez à avancer. C’est tout.

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